Bons baisers de Suède

Cette année, Adrien Chaud, photographe pour l’asso, part en Suède poursuivre ses études. Il raconte ses observations dans un pays à la culture cyclable.

Épisode 1/4 – Premières impressions

La Suède n’est pas connue pour être le pays le plus propice au vélo. Pourtant, de nombreuses villes, notamment dans le comté de Scanie, se sont bâties avec un véritable effort fait pour encourager les mobilités douces, qui améliore grandement la sécurité et la convivialité de celles-ci. Évidemment, l’urbanisme-même y est pour beaucoup, mais de nombreuses petites choses améliorent grandement la cyclabilité de la ville, et mériteraient d’être importées en France…

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Signalisation

Les Scandinaves sont avares de panneaux de signalisation, dit-on : moins il y en a, mieux ils se portent. En Suède, les pistes cyclables sont ainsi comparables à nos voies vertes, c’est-à-dire des pistes bidirectionnelles obligatoires ouvertes aux piétons et aux cyclistes (et parfois aux cyclomoteurs) sans séparation. Lorsque le trafic le nécessite, la séparation se matérialise par un changement de matériau au sol (asphalte pour la piste cyclable, dalles pour le trottoir, par exemple) et une ligne sur le panneau correspondant. Ce paradigme est néanmoins moins gênant grâce au dimensionnement des pistes, qui font souvent jusqu’à 4 m de large. Cette mixité piétons – vélo est en fin de compte à l’image de la mobilité en Suède, qui se veut être plus que du temps de transport : ces chemins de traverse sont surtout des lieux de rencontres, où enfants comme personnes âgées peuvent déambuler en toute sécurité. Qu’il est agréable de voir des personnes pédaler, se croiser, s’arrêter et discuter, près d’enfants qui jouent dans un parc, ou de bancs pour se reposer !

Séparation

Car c’est aussi mon autre grande surprise : les pistes cyclables sont toujours séparées de la chaussée, voire de la circulation automobile. À Lund, il n’est ainsi pas rare de ne jamais avoir à croiser une seule voiture tant les passages dénivelés sont nombreux. Le cœur de ville est interdit au transit, limité à 30 km/h. Et lorsque la route doit traverser la piste cyclable, cela se fait par un plateau surélevé, avec un triple objectif : obliger les voitures à lever le pied, marquer la priorité des autres usagers, et laisser la piste cyclable à niveau, contrairement aux montagnes russes que l’on trouve parfois en France.

Stationnement

Une culture cyclable ne passe pas sans de nombreuses places de stationnement, présentes près de tous les points d’intérêts des villes (commerces, arrêt de transport en commun…) et abondamment dans les quartiers résidentiels. Cependant, et comme à Copenhague, celles-ci ne sont essentiellement que des râteliers ne permettant que d’accrocher la roue avant. Mais même ici, ils restent en en sous-nombre, à en juger des très nombreux vélos laissés dans les rues, et des vols de vélo apparemment légions.

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