Historique

La genèse
Notre association voit le jour officiellement en janvier 1980. Un groupe d’amis et de parents (trois couples de cousins germains !) effrayés de voir les risques encourus par les cyclistes, se révolte contre la politique du « tout automobile ».  La première réunion se tient le 27 octobre 1980, onze personnes sont présentes. Parmi elles Edouard Kressmann, figure bordelaise aujourd’hui disparue, propriétaire du local où se tient cette première réunion. La première « manif » s’organise le 28 mai 1983.

Cette année-là, Hélène Desplats, une des cousines fondatrices, est élue conseillère municipale sur la liste du maire Jacques Chaban-Delmas. Elle rentre à la mairie avec une seule idée en tête : la ville à vélo. Les oppositions sont celles que nous connaissons aujourd’hui : riverains attachés à leurs places de stationnement plus ou moins légales, et élus attachés aux voix des électeurs.

En 1986, l’AG réunit sept personnes et neuf en 1988 ! Les premiers tracts d’adhésion apparaissent. Bordeaux est la seule ville de France qui compte deux associations de promotion du vélo. En mai 1987, Vélo-Cité organise un test sous contrôle d’huissier : une cycliste et un automobiliste doivent faire un circuit avec un arrêt dans un magasin. Évidemment la cycliste termine la course plus rapidement. Sud-Ouest diffuse largement l’expérience.

Le club des villes cyclables est bordelais
1989 sera une année fondamentale pour l’association. Le Club des villes cyclables voit le jour à Bordeaux et pour remercier la ville de Delft (Pays-Bas) qui a mandaté deux techniciens en équipements cyclables, l’association décide d’offrir un cadeau à son maire en faisant le trajet à vélo. Vélo-Cité reçoit 50 000 francs (7500 €) de subventions pour parcourir les 1100 kilomètres à l’occasion du pont du 1er mai. Christian Moreau prévoit l’itinéraire. Les cyclistes rouleront sous forme de relais à des vitesses différentes en trois catégories : parents avec enfants, cyclo-touristes et cyclo-sportifs.
Le maire de Bordeaux donne, dans la cour de l’hôtel de ville, le signal du départ. Le 1er mai au matin les vélos français entrent à la mairie de Delft à l’heure prévue. On remet le cadeau du maire de Bordeaux à son homologue de Delft qui a ouvert sa mairie spécialement pour l’occasion. Champagne ! Vélo-Cité remet son propre cadeau (deux cartons de vin) au maire qui ferme sa mairie et rentre chez lui… à bicyclette, le vin sur le porte bagage. Ce voyage Bordeaux-Delft marque le démarrage de la croissance de nos effectifs : l’AG suivante rassemble 25 membres.

Le 11 avril 1990, Vélo-Cité se lance dans l’illégalité. Avec l’aide de la jeune mais puissante et active association Transcub qui se bat contre le projet de métro, nous peindrons en toute quiétude, entre midi et 14 heures, une vraie-fausse bande cyclable « intelligente » puisque nous laissons une bande neutre le long des portières des voitures. La bande légale sera alors vite créée… en oubliant la bande neutre.

Quelques jours plus tard, première manifestationà Talence. Avec l’association « Les verts de Talence » nous remettons un projet d’aménagement de pistes cyclables. Nous sommes une trentaine dont Michel Duchène, élu écologiste. Le maire nous promet la création d’une commission. Notre projet sur Talence remporte un prix au niveau national. En juin 1990 sort le premier journal de l’association qui compte près de 80 membres.

Vivre et circuler en ville
1991 est l’année de tous les espoirs avec la publication de l’étude « Vivre et circuler en ville » à laquelle a participé Hans Kremers (ancien président de l’association) en tant que technicien. La presse nationale présente ce projet comme révolutionnaire. Bordeaux sera la ville modèle en matière de partage de la rue ! La publication de l’étude est l’occasion d’un colloque international et le maire de Bordeaux déclare que maintenant c’est « la voiture qui doit s’adapter à la ville » (et non pas l’inverse). Mais l’annonce est vite oubliée.

1991 voit aussi le début de la bataille du pont d’Arcins sur lequel il n’est rien prévu pour les vélos. Vélo-Cité se rapproche des clubs cyclo-touristes et sportifs. En août, 2109 signatures sont réunies. Hélène Desplats, avec la responsable des services techniques de la CUB, est reçue par le ministre des transports. Le pont est inauguré en décembre 1993 avec des pistes cyclables, mais sans rampes d’accès qui seront installées  le 4 juin 1994.

En 1992, Vélo-Cité souhaite renouveler l’aventure vécue à Delft en faisant le relais Bordeaux-Strasbourg sans subventions. Nous rentrerons de cette rencontre avec plein de bonnes idées pour les aménagements futurs de Bordeaux et de la CUB. Le 10 mars 1993, nous organisons une manifestation « Les élus à vélo » pour augmenter la ligne budgétaire « Vélo » de la CUB qui n’est que de 4 millions de francs (600.000 €).

Vive la grève ?
En 1995 les villes françaises sont paralysées par les grèves des transports en commun.  C’est le signal de l’expansion des effectifs de Vélo-Cité, et de leur rajeunissement. L’année suivante, Vélo-Cité est à l’origine du collectif « Partageons la rue » qui rassemble piétons, cyclistes, usagers des transports en commun, handicapés… La manifestation du 13 avril connaît un franc succès, tout comme l’AG où se manifestent de nombreuses et jeunes bonnes volontés. L’association compte 230 membres. Les effectifs ont triplé en deux ans ! Vingt ans de Vélo-Cité !

Cette année 1995 marque donc le début de la croissance accélérée de l’association.
L’élection d’Alain Juppé qui a mis en place une politique de la ville favorable au développement des transports en commun et à l’utilisation du vélo a joué un grand rôle.  Michel Duchène est nommé  adjoint aux transports et à l’urbanisme, écologiste et cycliste urbain convaincu il a mis en œuvre avec conviction cette politique volontariste. Les travaux de construction du tramway ont ensuite duré plusieurs années rendant la circulation très difficile, ce qui a incité nombre de Bordelais à prendre leur vélo.

L’action des présidents successifs de notre association qui ont décidé de se couper de toute action « politicienne  » et de traiter avec le pouvoir en place en devenant un interlocuteur réaliste, objectif et compétent a fait le reste. Se sont ajoutées plusieurs manifestations dont l’originalité retenait l’attention des médias : traçage de bandes cyclables provisoires, construction de mini-rampes en béton dans des zones de chantier, collage de papillons ou dépôt de mousse à raser sur les voitures en stationnement illicite, etc. Il ne se passait pas une semaine sans que Vélo-Cité soit citée avec photos à l’appui dans la presse, ni de mois sans passage à la télévision locale ou régionale.

C’est à cette époque que nous réussissons un joli coup : les concepteurs du tramway avaient inventé un modèle de support de stationnement des vélos totalement inapproprié. Lors d’une réunion présidée par le maire, nous avons réalisé et proposé une maquette bien mieux adaptée.  Exit le projet et c’est ce jour que l’arceau a été adopté. Il est  posé aujourd’hui à des milliers d’exemplaires.

Autre combat au printemps 2000 : pour l’élargissement du pont d’Aquitaine, sa fermeture et celle de la piste cyclable sont prévues pour plusieurs d’années. Nous avons obtenu la création d’une navette d’autocar entre les deux rives matin et soir. Même si les usagers étaient peu nombreux ils méritaient le respect car le détour par le pont de Pierre était trop long pour des cyclistes allant au travail au Lac ou à Lormont.

Les années 2000 : évolution vers de nouveaux modes de transport
En 2001 marque l’arrivée très attendue de  Richard Gessner, nommé « Monsieur vélo » à la CUB, chargé des relations entre Vélo-Cité et les différents services. Il apporte ses compétences de cycliste urbain. Les relations entre l’administration et notre association en ont été transformées et une plus grande compréhension s’est crée.

Notre mutation s’accélère lorsqu’en juin nous quittons le bistro « Le Molière » et la Maison de la nature et de l’environnement  rue de Tauzia pour emménager rue Rodrigues-Péreire et embaucher notre premier salarié : Ghislain Landreau. Plus tard, Magali Viaud le remplacera. À la fin de l’année, la préfecture nous accorde le statut d’Association locale d’usagers, confirmation de la valeur de nos actions et la Mairie de Bordeaux autorise à notre demande les cyclistes à emprunter les couloirs à autobus.

Juin 2003 : plutôt que de tenir un stand peu fréquenté lors de la « Fête du vélo » nous décidons de mettre en place notre première balade sur les Hauts de Garonne avec découverte des sites et monuments. Pour nous c’est un pour nous un grand succès  qui devient une date incontournable du mois de juin dans la CUB. L’idée soufflée à Michel Duchène de créer des « contresens cyclables » devient réalité dans le quartier Saint-Pierre.

21 décembre 2003 : Nous sommes plusieurs à 5 heures du matin à Mériadeck pour monter dans le premier tramway de la ligne A. Notre activité se tourner vers le monde scolaire : expérience de « vélo-bus » à Bruges, interventions dans les écoles.

Mai 2004 : c’est la première bourse aux vélos allées de Tourny, désormais un grand classique qui se déroule deux fois par an. D’autres manifestations vont s’inscrire durablement dans le calendrier : « Les lumières de la ville », « La galette du pont », « Cyclistes brillez », le festival « Ouvre la Voix »…
En septembre nous comptons mille adhérents ce qui fait de nous la plus forte association de cyclistes urbains en France ! Quel chemin parcouru ! Nous sommes devenus incontournables au point que le maire donne l’ordre que tous les projets relatifs au vélo nous soient soumis. Alors que nous n’avions pas pu intervenir lors de l’étude de la première phase du tramway, nous sommes partie prenante officielle de la deuxième phase et nous travaillons toujours à faciliter la circulation des vélos en ville. En même temps, nous travaillons avec la Mairie de Bordeaux pour mettre en place le marquage des vélos qui sera effectif en novembre. Cette année 2005 voit aussi la création de délégations locales à Mérignac, Gradignan, Villenave d’Ornon, Eysines, etc. Nous intervenons auprès des Mairies qui réfléchissent à des plans cyclables pour que les aménagements correspondent à nos besoins. Désormais Vélo-Cité intervient sur l’ensemble de la communauté urbaine !

Avril 2005 : congrès de la FUBicy. Un grand succès et surtout une découverte pour beaucoup : nombre des participants sont impressionnés par nos aménagements cyclables. En plus des aménagements cyclables, nous nous tournons aussi de plus en plus vers la formation des enfants pour les encourager à aller à l’école à vélo.

Mars 2006, nouvelle petite victoire de Vélo-Cité : les cyclistes peuvent sortir des couloirs à autobus en suivant les indications du feu modal « bus ». À la même époque les nouvelles pistes cyclables du pont d’Aquitaine sont mises en service. Vélo-Cité s’est battu pour qu’elles ne disparaissent pas suite à l’élargissement du pont.

2007 : Vélo-Cité obtient de haute lutte une nouvelle piste dans la côte des Quatre pavillons à Cenon. En septembre, la mairie de Bordeaux se positionne pour tester les « tourne-à-droite » au feux rouge pour les cycliste. Ces tests seront finalement effectués au niveau de la communauté urbaine. Ils déboucheront sur l’aménagement du code de la route incluant les panneaux « Cédez le passage cycliste au feu rouge ».
En fin d’année notre nouveau site Internet apparaît… ainsi que Muriel Sola, nouvelle salariée permanente qui va démarrer la première vélo-école pour adultes.

2008 : inauguration du PUMA (Pôle urbain des mobilités alternatives) au 16 rue Ausone. En septembre la CUB fixe un objectif de 15 % de déplacements en vélo en 2020 en passe une convention avec Vélo-Cité. Nous agissons de plus en plus dans les communes périphériques : du Bouscat à St-Aubin , de Cenon à Gradignan, Pessac, Mérignac et d’autres : Vélo-Cité est partout !

Les 30 ans de Vélo-Cité
En septembre 2009 paraît le numéro 100 de notre bulletin d’information  et en 2010 Vélo-Cité fête ses 30 ans d’existence. La même année, le service de vélos en libre-service (VCub) démarre. Nous nous en réjouissons : plus de vélos, plus de cyclistes… La ville de Bordeaux lance également Cycl’Lab, rencontre prospective sur le futur du vélo et le vélo du futur, qui rencontre un beau succès mais disparaîtra rapidement des écrans. Vélo-Cité est toujours plus présente dans les communes de l’agglomération, et celles-ci prennent de mieux en mieux en compte l’existence des cyclistes. Mais nous sommes toujours amenés à intervenir pour donner idées et conseils et aussi pour distribuer félicitations et mauvais points…

Lors des années suivantes le code de la rue bordelais est élaboré, Vélo-Cité y participe. D’autres villes construisent le leur comme Mérignac. Nous commençons à demander la conception d’un code de la rue communautaire. Nous participerons au « Grenelle des mobilités » et à l’élaboration d’études et autres plans d’actions qui malheureusement ne verrons pas tous le jour.

Nous apportons aussi nos contributions sur tous les grands (et petits) projets : la ligne du tram D, le pont Jacques Chaban-Delmas, le pont Jean-Jacques Bosq, les franchissements de la rocade, etc.

En 2014 un nouveau salarié nous rejoint : François Nora va s’occuper de la vélo-école et des animations. Chaque année c’est 60 adultes qui vont apprendre à faire du vélo ! Grâce à la convention signée avec Unis Cité, les jeunes volontaires en service civique nous aident dans cette tâche.
Sur notre proposition la CUB décroche le Guidon d’or décerné par la Fubicy pour la mise en place rapide des panneaux de « cédez le passage cycliste aux feux », réalisée avec notre aide.
Nous créons une page Facebook et un site Internet remodelé démarre en début d’année 2015.

L’histoire n’est pas finie… elle reste à écrire…